
Après son installation à Paris en 1949, Breer réinterprète le hard-edge à sa façon et expose ses œuvres à la Galerie Denise René. Rapidement, il abandonne l’équilibre et l’harmonie des compositions de Mondrian pour introduire dans ses propres toiles des lignes flottantes et un mouvement implicite. Il crée ainsi des formes irrégulières qui s’entrechoquent et évoluent dans une agitation permanente. Quatorze toiles des années 1950, parmi lesquelles Composition with Three Lines (1950), Time Out (1953) et Three Stages Elevators (1955), seront également visibles dans cette exposition. Beaucoup d’entre elles n’avaient plus été exposées depuis longtemps.
Tout en développant le mouvement implicite dans ses peintures, Breer expérimente aussi avec l’art de l’animation, d’abord sous forme de « flip books » puis avec le cinéma. Dans son premier film Form Phases (1952), ce sont les ébauches de ses toiles qui sont mises en mouvement et, chemin faisant, se transforment d’un objet en un autre tout en changeant aussi de couleur dans l’espace filmique.